Costco Les Echos 22 juin 2017 (6)

 
Le spécialiste américain des clubs-entrepôts arrive en région parisienne. Un concept mixte entre l'hypermarché et le grossiste « cash and carry ».

Décidément, pour les distributeurs français, le danger vient de Seattle. Déjà sous la menace croissante d'Amazon, ils vont devoir compter à partir de ce jeudi sur un nouveau concurrent de taille : Costco, lui aussi basé dans la « Rainy City ». « Gardez-vous à droite, gardez-vous à gauche », disait Philippe le Hardi pour protéger son père contre l'ennemi anglais à Poitiers. Cette fois, c'est à Villebon-sur-Yvette, au sud de Paris, au bord du plateau de Saclay, dans une zone riche reliée à l'Ouest parisien par la N 118 et au Sud par l'A10 que se jouera la bataille.

Carte de membre à 36 euros

C'est dans cette commune de l'Essonne que le deuxième distributeur mondial derrière Walmart, selon le classement Deloitte pour le magazine américain « Stores », va implanter sa première unité. Un « club-entrepôt » de 13.750 mètres carrés. « Club » parce que la grande surface n'est ouverte qu'aux détenteurs d'une carte de membre. « Nous en avons déjà vendu 10.000 », assure aux « Echos » Gary Swindells, président de Costco France. L'objectif est de 30.000 par magasin. « Entrepôt » parce que le point de vente est un mix entre un hypermarché et un « cash and carry » : les 3.700 références sont conditionnées en gros volumes et exposées sur des palettes. Costco, c'est un peu l'enfant naturel de Carrefour et de Metro, ouvert aux particuliers comme aux entreprises. Mâtiné d'un genre de déstockeur, avec des rabais de 5 % à 50 % sur des arrivages réguliers.

Dans les 725 unités réparties dans dix pays(outre la France, les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée, Taïwan, l'Australie, l'Espagne et l'Islande), les clients trouvent aussi bien de l'épicerie que des bijoux et des produits de luxe, des produits électroniques et électroménagers en passant par des articles de bricolage et de loisirs.

Modèle low cost

Ce n'est pas pour rien que la zone promotionnelle de l'enseigne a été nommée « la chasse aux trésors ». C'est un peu la foire, avec des diamants comme des crevettes congelées ou des poulets. L'an passé, Costco a ainsi vendu 100.000 carats de diamants et, rien qu'aux Etats-Unis, près de 400.000 voitures. C'est un modèle low cost, au sens propre : pas de publicité, de 4 % à 5 % de frais de personnel. Tout est vendu à prix coûtant, la quasi-totalité du résultat du groupe étant constituée des recettes des 80 millions de cartes de membres. Pour son exercice 2016, clos le 28 août, Costco a annoncé 2,35 milliards de dollars de bénéfice net. Ce modèle à bas coût est rentable. A titre de comparaison, Carrefour a publié un résultat net de 1 milliard d'euros en 2016, pour un chiffre d'affaires de 77 milliards d'euros.

Le phénomène Costco va-t-il fragiliser un peu plus l'écosystème de la distribution française déjà affecté par la conjoncture et la montée en puissance de l'e-commerce ? Il faut relativiser le danger. Gary Swindells annonce une douzaine de magasins en France à l'horizon 2027 (lire ci-dessous), soit, si tout va bien, entre 1,5 et 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Cela représenterait 2,5 % seulement des ventes cumulées de Carrefour et Leclerc dans l'Hexagone.

 

Philippe Bertrand.

 

Costco Les Echos 22 juin 2017 (4)

 

Costco Les Echos 22 juin 2017 (5)

Source : les Echos, 22 juin 2017.