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Promenade économique
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27 août 2014

Un nouveau ministre de l'économie

Emmanuel Macron, les Echos 26 août 2014

Le quotidien Les Echos dresse le portrait du nouveau ministre de l'économie :

L’arrivée de l’ex-conseiller économique de François Hollande à Bercy devrait rendre plus cohérente la parole du ministère.

On attendait la réunification des deux têtes de Bercy. François Hollande a choisi de ne rien toucher. Mieux, il fait le pari d’y nommer Emmanuel Macron, l’un de ses plus proches conseillers et artisans de sa politique social-démocrate. Une décision totalement inattendue puisque ce dernier venait de quitter son poste de secrétaire général adjoint de l’Elysée, et disait même vouloir enseigner.

Le jeune inspecteur des finances au parcours impeccable a donc été appelé à la rescousse par le chef de l’Etat après le débarquement fracassant d’Arnaud Montebourg. Son nom avait bien circulé pour des postes ministériels au cours des deux dernières années, ainsi que pour la direction du Trésor, ou du Budget. Mais à chaque fois, on évoquait son jeune âge – il a 36 ans –, ou le fait qu’il n’avait jamais été élu. On le disait aussi peu tenté par une carrière dans la haute fonction publique à laquelle sa formation le destinait.

Son arrivée à Bercy devrait grandement simplifier le travail du chef de l’Etat. Ardent défenseur de la politique de l’offre, y compris contre certains conseillers du chef de l’Etat, Emmanuel Macron a plaidé dès 2012 pour le pacte de compétitivité et ses 20 milliards de baisses de charges pour les entreprises. Sa proximité avec François Hollande en faisait en outre un candidat idéal après les sorties impromptues d’Arnaud Montebourg. Surtout, il est l’un des rares à pouvoir se targuer d’avoir côtoyé des chefs d’entreprise ailleurs que dans un ministère – il a passé quatre ans comme banquier d’affaires chez Rothschild & Cie. « Je me suis souvent présenté à l’étranger comme l’homme qui travaille avec Emmanuel Macron », a plaisanté François Hollande lors du pot de départ de son conseiller, en juillet dernier.

Le fonctionnement du ministre de l’Economie et des Finances devrait en outre être facilité par sa nomination. Emmanuel Macron est un haut fonctionnaire maison, et connaît les grandes directions de Bercy – un atout de poids dans ce ministère accusé parfois de se comporter en citadelle. La répartition des rôles entre Michel Sapin et lui devrait a priori être la même que celle qui prévalait jusque-là. Au premier, les discussions avec Bruxelles et avec les partenaires européens, y compris sur les sujets de régulation bancaire. Au second les dossiers industriels, le financement de l’économie et les professions réglementées, le commerce extérieur ayant été préempté par Laurent Fabius aux Affaires étrangères en mai dernier. Le Trésor et l’Agence des participations de l’Etat devraient rester sous la tutelle des deux ministres.

Le remaniement, au printemps, qui se voulait inspiré du modèle allemand avec une équipe plus resserré, n’avait pas suffi à masquer les divergences entre Arnaud Montebourg et Michel Sapin. « Nous sommes deux jambes pour faire avancer le même corps », affirmait Arnaud Montebourg au printemps. Reste que l’organisation n’a pas pu à elle seule dissimuler le double discours sur la rigueur et la lutte contre les déficits.

Les Echos, 26 août 2014.

 

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